Accueil

Mélange « paillis de canne + fertilisant » : quel impact sur les émissions de GES ?

Peut-on mélanger paillis de canne et fertilisant et réduire les émissions de gaz à effet de serre au champ ? C’est à cette question que s’attèle Vladislav Kyulavski dans le cadre de sa thèse de doctorat qu’il mène à l’Université de la Réunion avec l’Ademe, le Cirad et l’Inra. Ses premiers résultats révèlent que la nature du fertilisant (organique, minéral, liquide, sec, etc.) en mélange avec le paillis est déterminante dans les émissions de GES.

Actuellement à la Réunion, les feuilles de canne sont laissées au sol après la récolte des tiges, qui sont, elles, envoyées à l’usine pour en extraire le sucre. Ce paillis contribue à protéger le sol de l’érosion, limite le développement des adventices et régule l’humidité et la température du sol. Lors de sa décomposition, le sol est ainsi amendé en matière organique.

Mais pourrait-on, sans porter préjudice à la culture et à l’environnement, utiliser une partie de ce paillis pour un autre usage : énergie, alimentation en fibres ou litière des bovins ?

« Pour déterminer quelle quantité de paillis il serait possible d’exporter sans compromettre la durabilité de l’agroécosystème, nous étudions comment il se décompose en mélange avec des fertilisants minéraux, ou organiques comme des lisiers ou boues. Nous mesurons en particulier les émissions de deux gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (CO2) et le protoxyde d’azote (N2O) », explique Vladislav Kyulavski, doctorant à l’Université de la Réunion, sous la direction du Cirad, de l’Inra et de l’Ademe.

« Nous avons mesuré les émissions au champ, sur le dispositif expérimental SOERE-PRO à la Mare, de cinq mélanges différents paillis-fertilisant. Nous avons testé deux fertilisants organiques - l’un liquide (lisier de porc), l’autre solide (boue de station d’épuration) - et un fertilisant de synthèse solide (urée), mélangés à deux quantités différentes de paillis (5 et 10 tonnes par hectare). Les premiers résultats montrent que les boues de station d’épuration (granulées séchées), qui contiennent de l’azote majoritairement sous forme organique, mélangées au paillis, seraient les moins émettrices de GES », révèle Vladislav Kyulavski.

« Nous avons constaté également que les émissions de GES étaient moindres lorsque la quantité de paillis diminuait. Diminuer dans une certaine mesure la quantité de paille laissée au champ pourrait minimiser les émissions de gaz à effet de serre. » Un résultat encourageant pour imaginer à l’avenir d’autres formes de valorisation des paillis de canne.

Référence bibliographique

Kyulavski, V., L. Thuriès, P. Garnier, S. Recous, A. Bispo, and J.-M. Paillat. 2016. N2O emissions from organic fertilizers and crop residue mixture in sugarcane cropping. Pages 124-125  Efficient use of different sources of nitrogen in agriculture - from theory to practice. Swedish University of Agricultural Sciences, Skara, Sweden

Publiée : 21/11/2016

Cookies de suivi acceptés