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Filière ail : l’histoire d’une renaissance

La fête de l’ail a lieu du 28 au 30 octobre à Petite-Ile. L’occasion de rappeler l’appui apporté par le Cirad et la Chambre d’agriculture à la relance de la filière ail.

A partir de 2013, les agriculteurs réunionnais pourront acheter des semences d’ail certifiées, indemnes de virus, à Flhorys, établissement semencier créé en 2008 par l'Armeflhor. « Semences à renouveler au moins tous les trois ans pour maintenir un bon niveau de production », précisent Michel Roux-Cuvelier du Cirad, et Georges Derand de la Chambre d’agriculture. C’est l’aboutissement d’un long travail de relance de la filière ail à la Réunion…

Dans les années 80 en effet, de nombreux agriculteurs réunionnais avaient abandonné la culture de l’ail, notamment à cause de sa sensibilité à de nombreuses maladies. En améliorant l’itinéraire technique de la culture, en sélectionnant et diffusant les variétés les plus adaptées (Vacoa, Gros Bleu) dans les années 90, la Chambre d’Agriculture, avec l’appui du Cirad, a redonné confiance aux producteurs. Mais pour garantir un ail de qualité, à la fois sur le plan sanitaire et variétal, il fallait mettre en place à la Réunion une filière de production de semences certifiées.

Pour y parvenir, un important travail restait à réaliser :

  • Tout d’abord, assainir ces variétés locales, contaminées par deux virus, l’OYDV (Onion Yellow Dwarf Virus) et le LYSV (Leak Yellow Stripe Virus), pouvant provoquer jusqu’à 60 % de pertes de rendement.
  • Puis, obtenir l’inscription des variétés au catalogue officiel et la certification des semences par le Service Officiel de Contrôle et de Certification (SOC), préalables obligatoires à leur commercialisation.

Assainir les variétés locales

En 2002, le Cirad a commencé à adapter des techniques d’assainissement in vitro (culture de méristème, micro bulbification in vitro). Les virus ont ainsi pu être éliminés des variétés Ti rouge, Vacoa et Gros bleu. La seconde étape, après l’assainissement, fut l’inscription au catalogue officiel français, passage obligé avant toute commercialisation de variété végétale.

Inscrire les variétés au catalogue

Des clones d’ail assainis furent sélectionnés pour produire du matériel de base en vue d’une inscription au catalogue. Après trois années d’étude au Groupement d’études des variétés et semences (Geves) en France métropolitaine, les variétés Ti rouge et Vacoa ont été inscrites au catalogue, sur la liste des variétés indemnes de virus. L’inscription de la variété Gros bleu (qui devra être renommée) est à l'étude.

Des semences commerciales en 2013

Le Cirad produit aujourd’hui des semences de pré-base et de base de ces variétés (500 kg récoltées en 2010), en vue de les diffuser à des agriculteurs multiplicateurs pour la production de semences commerciales à partir de 2012. Ces agriculteurs seront sous contrat avec l’établissement semencier local, Flhorys, et devront respecter le cahier des charges de certification établi par le SOC.

Les premières semences certifiées de la variété Vacoa (variété représentant actuellement 80 % de la production locale) devraient ainsi être mises sur le marché en 2013. L'objectif de production de semences certifiées est à terme, de l'ordre de 8 à 10 tonnes par an.

La filière ail concerne aujourd’hui une soixantaine de producteurs, dont la moitié se trouve à Petit Ile, produisant entre 150 tonnes et 200 tonnes d’ail par an.

La commercialisation prochaine de semences certifiées vient aujourd’hui couronner la relance de la filière ail réunionnaise. « Ces nouvelles semences vont permettre d’améliorer la production en quantité et en qualité, on peut espérer d’ici quelques années une reconquête des parts de marché sur l’ail d’importation, avec une production locale de 300 tonnes par an », estime la Chambre d’agriculture.

Publiée : 25/10/2012

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