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Une solution biologique contre l'aleurode de la tomate à la Réunion

Une solution de lutte biologique contre un ravageur de la tomate, développée à la Réunion par l'Armeflhor, la biofabrique Coccinelle et le Cirad, a reçu le 1er juin à Paris une mention spéciale des Trophées ITA'innov*. C'est Michel Eddi, PDG du Cirad, membre du jury de ces Trophées organisés par l'Acta, qui a remis ce prix à l'Armeflhor, institut technique réunionnais.

Et si la solution pour lutter, contre les ravageurs dans les exploitations sous serre, était biologique ? Utiliser des auxiliaires de culture, c’est à dire des insectes parasites ou prédateurs de ces ravageurs, c’est le pari qu’ont fait à la Réunion le Cirad, l’Armeflhor et la biofabrique La Coccinelle. Ensemble, ils ont étudié Nesidiocoris volucer, une punaise qui s’attaque aux aleurodes, l’un des principaux ravageurs de la tomate.

Le Cirad s’est occupé de l’étude biologique en laboratoire, l’Armeflhor a réalisé les tests d’efficacité sous serre, et La Coccinelle a mis au point les élevages et la production de masse de l'insecte. « Nesidiocoris volucer est une punaise indigène de la Réunion, décrit pour la 1ère fois en 1902. Elle s’attaque aux larves d’aleurodes, et en moindre mesure à celles de thrips et aux acariens tétranyques, tous ravageurs de la tomate. Elle ne fait pas de dégâts sur la culture et elle s’y développe bien », explique Helène Delatte, qui a dirigé les recherches du Cirad sur l'insecte. Cette solution biologique permet de réduire de 80 % l’usage d’aleurodicide. Elle sera commercialisée aux producteurs réunionnais par Coccinelle courant 2017.

Un partenariat gagnant pour une solution biologique innovante

Cette solution a été récompensée par une mention spéciale des Trophées ITA'innov, organisés par l'Acta le 1er juin à Paris au Museum National d'Histoire Naturelle. C'est Michel Eddi, PDG du Cirad, qui a remis la mention à Alain Dambreville, Président de l'Armeflhor, et Guillaume Insa, animateur du Rita Horticole. Un partenariat réussi entre recherche, institut technique et entreprise locale, pour développer une solution innovante répondant à une préoccupation du monde agricole réunionnais. "Ce type de collaboration pour l'innovation agricole s'inscrit parfaitement dans l'esprit des Réseaux d'innovation et de transfert agricole en outre-mer", ont souligné les intervenants.

Depuis 2012, les Réseaux d'Innovation et de Transfert Agricole (Rita) fédèrent les acteurs de la recherche, du développement et de l'enseignement agricole sur cinq territoires d'outre-mer : la Réunion, Mayotte, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. Objectif : accélérer la chaîne de l'innovation agricole sur ces territoires. Les Rita sont co-animés par le Cirad et l'Acta au niveau national. L'Acta anime un réseau de 15 instituts techniques français. Le Cirad dispose d'un dispositif unique de recherche en outre-mer, en particulier à la Réunion, où se trouve son deuxième centre après celui de Montpellier.

*Innovation des Instituts techniques de recherche appliquée agricole

En savoir plus sur l'histoire de Coccinelle, premier projet suivi par les RITA à la Réunion

Publiée : 01/06/2017

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